Gérer azote et adventices

Aïcha Ronceux et Élise Favrelière ont présenté les résultats du projet Agri-Bio à l’occasion de Terr’Eau Bio, les 7 et 8 juin dans l’Oise. (crédit Rivry-Fournier C. )

Comment gérer l’azote et les adventices en grandes cultures bio sans élevage ? C’est la question que se posent les agriculteurs des Hauts-de-France. Le projet Agri-Bio y apporte des réponses en combinant les connaissances scientifiques avec celles des conseillers et des agriculteurs.

L’agriculture biologique peine à se développer en Hauts- de-France, région avec peu d’élevage. Les connaissances scientifiques sur les grandes cultures bio sans élevage étant limitées, Agro-Transfert Ressources et territoires et ses partenaires ont analysé des systèmes existants. L’objectif : en savoir plus sur la gestion des adventices et de l’azote. L’analyse réalisée sur 30 parcelles de la région met en avant des clés de performance dans les systèmes de grande culture bio.

Les systèmes de culture avec luzerne bénéficient d’un atout important pour la gestion des adventices vivaces et de l’azote. Or le chardon revient en moyenne trois ans après la destruction de la luzerne. Pour maîtriser cette adventice sur une rotation, d’autres leviers doivent être mobilisés en complément  : déchaumages répétés en interculture, labour, binages répétés… Par ailleurs, les reliquats mesurés sur des parcelles bio en entrée d’hiver témoignent de quantités d’azote aussi élevées qu’en parcelles conventionnelles (97 kg d’N/ha en moyenne). L’enjeu ? Remobiliser cet azote et le rendre disponible au bon moment pour les cultures, et notamment réduire les pertes après légumineuses. Enfin, dans ces systèmes avec peu de fertilisants organiques, la compensation des exportations de la luzerne en phosphore (6 kg/t de MS (1) et surtout en potassium (30 kg/t de MS) n’est pas à négliger (sulfate de potassium, compost d’engrais vert…).

Jean-Martial Poupeau

(1) Matière sèche

 

 

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