Du chanvre dans la rotation

Lors de la moisson du chanvre, “Les réglages sont délicats”, précise Christophe Gonet. (© La Chanvrière de l’Aube)

Christophe Gonet, dans l’Aube, apprécie son métier de céréalier et la liberté qu’il lui procure. La propreté et la vigueur de ses cultures attestent d’une très bonne maîtrise technique mais aussi de la recherche de productivité. Avec comme autres challenges, le chanvre et l’agroforesterie.

Originaire de Champagne crayeuse, Christophe Gonet a connu plusieurs expériences en tant que salarié en agriculture ainsi que des projets agricoles en Amérique du Sud. Par bouche-à-oreille, il s’installe en 1997 à Pont-sur-Seine, en reprenant 130 hectares à Jacques Soufflet, le cousin germain de Michel Soufflet, fondateur de l’entreprise de négoce agroalimentaire éponyme. “Pionniers de la bio dans la région, Jacques Soufflet et son épouse Francine cultivaient la moitié de leur ferme en bio depuis la fi n des années 1960.” L’autre moitié est convertie à la bio au début des années 2000, via un CTE (contrat territorial d’exploitation).

Rotation longue et diversifiée

La rotation culturale s’étend sur neuf à dix ans. Elle commence par deux à trois ans de luzerne, suivie de sept cultures : blé d’hiver puis blé d’hiver (1) ou orge ou avoine de printemps, chanvre, blé d’hiver, lentilles ou pois de printemps (2), blé d’hiver puis orge ou avoine de printemps (avec semis de luzerne sous couvert). Elle peut varier. “La luzerne n’est plus conservée que deux ans au lieu de trois. Quant à l’orge de printemps, elle est remplacée par l’avoine de printemps depuis plusieurs années car cette dernière bénéficie de débouchés intéressants en floconnerie.”

La luzerne est implantée au semoir DP 12 en fin de tallage de l’avoine ou de l’orge. “Je suis venu au semis sous couvert au printemps après avoir constaté que les semis de fin d’été en terre nue étaient très sales et pas toujours réussis. Je n’ai jamais raté le semis avec cette façon de faire.” La luzerne est vendue à la coopérative Capdea, dont l’usine de Marigny-le- Chatel est distante de 20 km. L’usine procède à quatre coupes annuelles – trois pour la luzerne qui précède le blé – selon un planning décidé par elle. L’entretien des luzernières se fait par un passage de vibroculteur pour déchausser le vulpin ainsi que par l’épandage de 500 kg/ha/an de patenkali. “Les exportations de potasse par la luzerne sont également compensées par l’apport de trois tonnes de vinasse sur l’orge ou l’avoine qui précède.

Jean-Martial Poupeau

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