Céréales et oléoprotéagineux : collecte en baisse, besoins en hausse

© C.Rivry-Fournier

La campagne 2016-2017 s’achève avec des stocks quasiment nuls pour la majorité des céréales et oléoprotagineux. Une situation exceptionnelle due à une collecte de 15 % inférieure en moyenne aux prévisions. Et chacun d’espérer une nouvelle récolte sous des auspices plus favorables.

2016 a été éprouvante. « Les régions ont été plus ou moins touchées par de fortes baisses de rendements dues aux mauvaises conditions climatiques », rappelle Pascal Gury, président de la commission bio d’Intercéréales et de Terre Inovia. « On prévoyait des excédents, surtout en C2, et en quelques semaines, la situation s’est renversée. » Il a fallu gérer la pénurie, le manque de qualité, notamment en PS, voire en mycotoxines, et éviter aussi une trop grande flambée des prix qui aurait pu casser les filières. C’est pourquoi, pour cette campagne à venir, le mot d’ordre est à la prudence, même si les surfaces emblavées sont en hausse. En 2016, elles étaient de 350 000 hectares, dont les deux tiers en céréales.

Vers le 100% français en meunerie

“On estime pour cette prochaine campagne, une collecte supérieure de 20 % à celle de 2015. On espère l’atteindre, car il faut pouvoir répondre à un marché qui croît dans les mêmes proportions”, avance le président. Mais rien n’est joué, sachant que dans l’Est, les fortes et longues gelées de l’hiver ont endommagé les cultures, et qu’une sécheresse s’installe un peu partout. “Il est encore trop tôt pour s’avancer, même si la tension monte faute de stocks, souligne Pascal Gury. Le recours aux achats extérieurs sera encore inévitable, au moins jusqu’en 2018, mais nous travaillons avec la grande distribution à atteindre le 100 % français en meunerie d’ici trois ans.”

Christine Rivry-Fournier

 

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