Bruno Joguet, céréalier en Vendée : « entreprendre et rester indépendant »

Retrouver la maîtrise des débouchés et la valeur ajoutée”, tel est l’objectif de Bruno Joguet depuis son installation en 1978. (crédit JM Poupeau)

Entrepreneur dans l’âme et féru de technique, Bruno Joguet prend en charge la vente de ses produits. Son but : rester indépendant et capter la valeur ajoutée.

En 1998, après vingt ans en agriculture conventionnelle à la suite de mon père, j’étais au bout du rouleau au niveau professionnel. Soit je passais en bio, soit je changeais de métier, témoigne Bruno Joguet, céréalier bio à Vendrennes. J’ai choisi la première option et ai redécouvert le métier d’agriculteur.”
La surface de l’exploitation avoisine 200 hectares, dont 180 cultivables et 20 en prairies permanentes. Ces dernières sont valorisées en foin et pâturage pour des animaux en pension. Les sols, convertis en bio en 1999, ont un potentiel élevé grâce à d’importants travaux de drainage et d’irrigation réalisés depuis la fin des années 1960 – 90 % des surfaces sont irrigables au moyen d’un étang. Il s’agit de limons profonds au pH proche de 7. À l’exception de 21 hectares situés à sept kilomètres, les parcelles sont regroupées autour de la ferme.

Rester indépendant
Pendant les premières années en bio, Bruno Joguet s’adonne à la culture du blé, maïs et féverole, qu’il vend à la coopérative Cavac comme il le faisait déjà en conventionnel. Après quelques années, le céréalier s’en émancipe. “Le mode de fonctionnement d’une grosse structure ne correspond pas à mes besoins d’indépendance et mon souhait d’entreprendre. Je voulais retrouver la maîtrise du prix de vente et aller moi-même démarcher des clients en toute liberté comme je le faisais déjà démarcher des clients en toute liberté comme je le faisais déjà en conventionnel pour les mogettes et le reste des cultures.”

Fort d’une capacité de stockage de 1 200 tonnes, complétée par du matériel de triage et séchage, le céréalier rencontre des clients potentiels à partir de 2004-2005, notamment pour trouver un débouché au blé meunier. Cette démarche “d’homme à homme” séduit plusieurs acheteurs parmi lesquels le moulin de Rairé à Sallertaine, la minoterie Giraudineau à Saint Colomban, la meunerie de Nieul sur l’Autize ainsi que quelques paysans-boulangers locaux. L’ensemble totalise entre 60 et 150 tonnes de blé meunier par an. “Les lots sont constitués d’un mélange de variétés meunières dont Renan. Si besoin, je fais évoluer le mélange en “injectant” de nouvelles variétés”. Les lots sont triés au séparateur Denis NSD 2 une à deux fois à la récolte puis stockés en cellules ventilées avant enlèvement par le client par camion.

Jean-Martial Poupeau

 

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