La bio dans le monde avec les Assises de l’Agence Bio

Réunies à Tech & Bio pour la seconde fois, les Assises de l’Agence Bio ouvrent notre regard sur ce qui se passe ailleurs, c’est-à-dire sur les forces et les faiblesses de la bio en Europe et dans le monde.

L’édition 2013, animée par Élisabeth Mercier, a accueilli une dizaine d’invités, dont certains faisaient partie des 12 délégations étrangères reçues sur le salon. Parmi les Européens, Michaël Kuegler, représentant des chambres d’agriculture allemandes à Bruxelles, a dressé un tableau mi-figue mi-raisin de la bio allemande, pourtant leader de la consommation bio en Europe. “Les importations en matières premières bio dépassent la barre des 40 % venant de l’est ou de plus loin avec de forts risques de fraude surtout concernant l’origine chinoise – on en a des preuves ; le marché progresse toujours mais les surfaces stagnent pour différentes raisons”, déplore-t-il. La méthanisation privilégie le maïs conventionnel, provoque la flambée du foncier. Avec la crise, les anciens domaines de l’est hérités du socialisme qui étaient loués, notamment à des bio, ont été vendus à des investisseurs qui veulent une rentabilité immédiate. “Si bien que pour la 1ère fois chez nous, on assiste à des déconversions.” Le revers positif de la médaille, c’est que cela crée des solutions innovantes : “les consommateurs urbains se mobilisent et constituent des fonds privés pour acheter les terres qui risquent d’être déconverties. Et ils y maintiennent des producteurs bio.”

La bio contre les OGM

Serge Préfontaine, coordinateur du Cetab au Québec : “les contaminations sont légion, en OGM et glyphosate.”

Serge Préfontaine, coordinateur du Cetab au Québec : “les contaminations sont légion, en OGM et glyphosate.”

Au Canada, la bio est également très fragilisée. Peu développée (environ 4000 producteurs sur tout le pays, dont 1000 au Québec), elle n’est de surcroît guère soutenue par les pouvoirs publics. C’est ce que regrette Serge Préfontaine, coordinateur du Cetab, centre d’expertise et de transfert en agriculture bio et de proximité. “Nous subissons un problème de coexistence avec les PGM, les plantes génétiquement modifiées, elles concernent la majorité des cultures de soja et maïs. La canola est 100 % OGM. Il y a beaucoup de contaminations, les lots bio ont des traces de glyphosate et doivent être déclassés, les zones tampons ne sont pas respectées, c’est trop difficile.” Pourtant, des réactions se font jour : la luzerne OGM vient d’être autorisée aux USA, mais les Canadiens la refusent, expliquant qu’elle ne leur apporte aucun progrès et qu’elle n’a aucune raison d’être. “Il faut une prise de conscience, les consommateurs commencent à réagir, la demande bio progresse, mais c’est surtout le local, et pas forcément le bio qui est recherché.” Le Canada, qui est le 1er pays producteur et exportateur de canneberge bio, possède une réglementation bio depuis 2009, et une équivalence avec l’Union européenne. Mais rien n’est fait pour aider la filière à se développer, c’est le marché qui dicte sa loi.

Christine Rivry-Fournier

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