Formation : un atelier caprin certifié bio

L’atelier caprin certifié bio de 110 chèvres Saanen de l’Eplefpa (1) de Saint-Genest-Malifaux, au sud de Saint-Étienne, entame sa deuxième année certifiée bio. Il est pour l’instant le seul à l’être au sein d’un établissement d’enseignement agricole.

Une soixantaine de personnes passent chaque année sur l’élevage caprin bio, des élèves de la seconde au BTS (productions animales, Bac Pro CGEA, BTSA ACSE) et des candidats au BPREA (production laitière, viande, maraîchage bio…).

Une soixantaine de personnes passent chaque année sur l’élevage caprin bio, des élèves de la seconde au BTS (productions animales, Bac Pro CGEA, BTSA ACSE) et des candidats au BPREA (production laitière, viande, maraîchage bio…).

Situé dans le parc régional du Pilat à 1 000 m d’altitude, l’élevage caprin a entamé sa conversion en 2011 : la suite logique de pratiques raisonnées et extensives, combinant pâturage et foins de séchoir en grange. « Nous allions des foins de 1ère et 2e coupes, le premier est bon pour le rumen car riche en fibres, le second l’est en feuille, parfait pour l’appétence et l’apport protéique », souligne Jennifer Lassene, directrice de l’exploitation. 5 ha de méteil (seigle/pois ou triticale/pois) sont également cultivés pour produire le concentré, mais pas encore suffisamment pour être totalement autonome.

Objectif prévention

La reproduction se fait par monte naturelle avec deux boucs et les mises-bas ont eu lieu traditionnellement en mars. L’infestation par des strongles digestifs en début d’automne dernier a fait chuter la lactation des chèvres. « Une intervention en homéopathie leur a redonné du poil de la bête mais l’analyse coprologique qui a suivi a montré encore un fort taux de parasitisme qu’il a fallu contrer avec l’allopathie, explique Jennifer Lassene. On tâtonne encore un peu, mais 2014, c’est vraiment « objectif prévention » ». Une formation sur le parasitisme caprin avec le GIE Zone Verte et la méthode Obsalim est mise en place. 70 000 l de lait de chèvre ont tout de même pu être livrés à un artisan fromager et éleveur ardéchois, Gilles Gamon.

De nouvelles perspectives

S’il n’existe pas de formation spécifiquement orientée bio dans l’établissement, les BTS ACSE ont un module bio intégré à leur cursus. « Cette année, ils ont réalisé une étude sur la conversion d’un îlot bio sur le site de Précieux », précise Jennifer Lassene. Sur cette commune de la plaine du Forez se situe en effet la seconde exploitation du lycée (dirigée par Reine Rousselet), distante d’une cinquantaine de km de celle de Saint-Genest Malifaux. Cet « îlot bio » concernerait la production de luzerne, de maïs et de méteil. Il pourrait permettre d’envisager la conversion de l’élevage de volailles de plein air de Précieux et du même coup accroître l’autonomie de l’élevage caprin de Saint-Genest-Malifaux. L’Ardab, l’association des producteurs bio du Rhône et de la Loire, réalise actuellement un diagnostic de faisabilité du projet. Enfin, avec son élevage caprin bio, l’exploitation de Saint-Genest-Malifaux pourrait devenir un site de référence bio pour le Pôle d’expérimentation et de Progrès régional, le PEP caprin Rhône-Alpes.

Frédéric Ripoche

(1)     Établissement public local d’enseignement et de formation professionnelle agricole

www.legtamontbrison.educagri.fr

www.reseau-formabio.educagri.fr

 

Un atelier viande bovine également bio

À Saint-Genest-Malifaux, l’élevage de 15 vaches Limousines est également certifié bio depuis début 2013. La viande est commercialisée en direct, après abattage à Saint-Étienne (une fois par mois). Les préparations de découpe et mise sous vide sont en revanche réalisées sur le site de l’exploitation par des adultes en formation BPREA. « Ces personnes ont choisi l’option élevage allaitant et souhaitent faire de la transformation et de la vente directe », précise Jennifer Lassene. Plusieurs candidats au BPREA ont choisi cet établissement du fait de la conversion des exploitations car elles envisagent une installation en bio, en élevages caprin ou bovin.

 

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