Dans l’Ain, succès de la kinésiologie

Cette nouvelle région leader en agriculture bio propose des formations bio depuis de nombreuses années. Selon les départements, les réseaux Gab et chambres d’agriculture collaborent plus ou moins, pour offrir un catalogue adapté aux différents profils d’agriculteurs. Exemple dans l’Ain.

Pour Nathalie Champlaut, “se former à cette nouvelle approche nous aide à mieux communiquer avec les animaux et nous fait progresser dans nos pratiques”.

Dans l’Ain, les deux réseaux travaillent en partenariat, pour éviter les doublons et proposer une offre cohérente : celle d’Adabio (1) est plutôt tournée vers le végétal, et la chambre d’agriculture vers l’animal, mais rien n’est figé. Référente départementale bio à la chambre d’agriculture, Claire Baguet organise des formations en médecines alternatives. “Proposées depuis une quinzaine d’années, elles remportent un grand succès, auprès des bio mais aussi des conventionnels. Le public est souvent mixte, et le champ d’intervention s’élargit.” Phytothérapie, aromathérapie, homéopathie, ostéopathie, acupuncture, et aujourd’hui kinésiologie. “C’était à la demande d’une éleveuse, je ne connaissais pas cette technique”, reconnaît la conseillère. Mais l’intérêt suscité par cette méthode va grandissant. Basée sur une approche énergétique, la kinésiologie est un outil supplémentaire de communication avec l’animal. Elle utilise un test musculaire et la technique de transfert. “Animé par une formatrice en kinésiologie animalière, le cycle d’initiation dure quatre jours, et s’appuie sur la pratique. Il peut être suivi de quatre jours de perfectionnement”, explique Claire Baguet. “Les participants sont enthousiastes. La méthode aide à lever les blocages physiques et comportementaux constatés sur leurs animaux, liés notamment au stress”, résume-t-elle.
Changer son regard sur les animaux
Éleveuse de vaches laitières installée dans l’Ain depuis 27 ans, en bio depuis 2013 sur 140 hectares, Nathalie Champlaut confirme cet engouement. “Cette méthode modifie le regard porté sur nos animaux. On ne les considère plus comme des usines à produire, confie-t-elle. Ce n’est pas magique, il y a un protocole à suivre. Je vois les comportements de certaines vaches à problèmes changer, s’améliorer. Du coup, je suis plus sereine, et mon troupeau, en meilleure santé.” Un autre stagiaire, Yoann Ravet, jeune éleveur bio de vaches allaitantes Gascogne, de veaux sous Montbéliarde, et de porcs plein-air se spécialise en médecines manuelles : “Comparée à l’ostéopathie, la kinésiologie apporte encore davantage de connexion avec l’animal, la méthode est plus douce, et les résultats étonnants.” Pour Yoann Ravet, tout comme pour Nathalie Champlaut, se former à ces nouvelles approches est indispensable. “C’est une ouverture, la richesse des échanges nous fait progresser dans nos pratiques et notre connaissance du vivant. En bio, nous avons changé notre façon de vivre notre métier.” L’éleveuse s’organise pour dégager du temps entre les traites, “à condition que la formation ne soit pas localisée trop loin de la ferme”. Elle fait appel aussi au service de remplacement. Son mari suit les formations organisées par l’Adabio, notamment en grandes cultures. “Entre les deux réseaux, l’offre est abondante, très intéressante, même si certaines nous correspondent moins. De toute façon, on ne peut pas toutes les faire…”

(1) Adabio intervient aussi sur trois autres départements : Savoie, Haute-Savoie et Isère.

Christine Rivry-Fournier

 

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