Auvergne-Rhône-Alpes / Alerte aux distorsions de concurrence

Les producteurs de la Frab Aura mobilisés pour soutenir “le maintien de la rémunération des bienfaits environnementaux et sociétaux de la bio”. (© C. Rivry-Fournier)

Deuxième région française bio en surface et en producteurs, Auvergne-Rhône- Alpes (Aura) est en pleine effervescence. D’un côté, le rythme des demandes de conversion reste très soutenu, et de l’autre, le manque de visibilité sur les aides bio immisce le doute.

Les producteurs ont besoin de dispositifs stables pour se lancer, se structurer, construire des projets”, alerte Anne Haegelin, coordinatrice de la Frab Aura. Et cela est loin d’être le cas. Lors du Sommet de l’élevage, le 6 octobre à Cournon, les questionnements fusent… Entre les retards des versements des aides, l’application de plafonds, et la suppression annoncée du maintien, l’inquiétude est de mise. Et les explications du ministre de l’Agriculture, venu sur le pôle bio éclaircir en direct ses décisions, ne contribuent pas à rassurer la filière. Tout comme la position de la Région, qui malgré un affichage inconditionnel à la bio, n’est pas prête à financer la quotepart nationale indispensable pour conserver le dispositif de l’aide au maintien.

Inégalités renforcées
Nous craignons les distorsions de concurrence entre régions limitrophes, et au sein même de notre territoire, avec le risque de fragiliser des producteurs et la filière”, dénonce Dominique Ouvrard, président du Gab 63 (Puy-de-Dôme). Entre ceux bénéficiant de l’aide au maintien jusqu’à la fin de leurs contrats, et les autres amputés de ce soutien dès l’an prochain, “les règles du jeu ne sont pas les mêmes”, regrette-il. Et ces inégalités sont accentuées, au niveau de la conversion aussi, par des plafonds différents selon les régions. “Certaines exploitations, encore fragiles, vont être en difficultés”, pointe le président du Gab. Sur le pôle bio du Sommet de l’élevage, le principe de “rémunération des services environnementaux et sociétaux”, objet de l’aide au maintien, est pourtant défendu par l’ensemble de la filière. Coop de France, les chambres d’agriculture, la Frab et les autres opérateurs rassemblés ici sont quasi unanimes pour le soutenir. “La balle est aujourd’hui dans le camp de la Région”, résume Anne Haegelin.

Christine Rivry-Fournier

 

 

 

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