La bio en 2019 : un défi sociétal

[Edito du Biofil n°121 – janv.-fev. 2019]

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En cette période de transitions et de profondes mutations, les vœux pour 2019 prennent un sens inédit. Souhaitons en priorité, en pesant nos mots, une très bonne santé à la planète et à tous les êtres vivants qui la peuplent, et notamment aux humains, trop peu conscients de leurs responsabilités pour l’entretenir, sans la salir. Un vœu pieux ? Non, de multiples démarches en cours prouvent que c’est possible. Notre revue en est le reflet. Et si l’agriculture bio fait sa part, tel un colibri, son rôle s’élargit pour relever un défi sociétal qui n’est plus à prendre à la légère.
Depuis vingt ans, Biofil accompagne l’évolution de l’agriculture. Et que de changements ! Ce, grâce à ces pionniers courageux, voire téméraires, avant-gardistes pacifiques qui révolutionnent jour après jour, de la terre à l’assiette, le système agro-agri-alimentaire. Malgré un rouleau compresseur toujours en marche.

Pour preuve, comment ne pas interpréter la baisse des doses autorisées de cuivre métal comme un frein puissant des lobbies pour contrer l’essor de la bio ? Sachant qu’il n’existe encore aucune alternative fiable à cet antifongique minéral dont la réelle toxicité fait débat, réduire son usage à 4 kg/ha lissés sur sept ans est une gageure, surtout certaines années comme en 2018, en viticulture, ou en pommes de terre. Les agriculteurs, notamment les viticulteurs, et qui plus est, en conversion, donc en formation, risquent d’avoir des sueurs froides à l’arrivée des premières conditions météo favorables au mildiou…
Faut-il préférer les produits chimiques de synthèse au cuivre ? Et entraver l’essor de la bio ? Certains semblent hélas le penser. D’autant plus que la recherche d’alternatives n’est pas assez mobilisée. Malgré une approche de la biodynamie qui essaie de limiter les dégâts, et l’arrivée de produits de biocontrôle autorisés en bio, les professionnels s’attendent à des claques et des retours en arrière. Attention, cette réapprobation signifie aussi que le cuivre, soumis à substitution, est sur un siège éjectable dans sept ans. Le plan Cuivre lancé et porté par la Fnab doit être très efficace !
Atteindre en 2022, 15 % de surface bio, et 20 % d’aliments bio ou en conversion en restauration collective n’est plus un vœu, mais un objectif précis et crédible. L’attente de la société est telle qu’elle nourrit de multiples initiatives partout sur les territoires. Les filières se structurent, les fabricants de matériels et de logiciels innovent, les coopératives investissent à fond, l’agroalimentaire recherche des matières premières tous azimuts, et les agriculteurs testent les itinéraires, les variétés, les circuits de vente, le prix juste… Et inventent de nouvelles façons de vivre leur métier. Exemple, le projet de Bio Loire Océan qui trace la voie d’un autre modèle à suivre, basé sur un collectif fort et solidaire, et aussi respectueux de l’indépendance de ses adhérents. Un livre est né de cette expérience (1). Pour s’inspirer en cette nouvelle année.

Christine Rivry-Fournier

(1) À découvrir sur bioloireocean.bio

L’équipe de Bio­fil vous souhaite
ses meilleurs vœux pour 2019. 

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